Mehdi Bouhalassa

Développement Front-End - Photographie

Le blues de la maison

Publié le 17 février 2012

Catégorie(s): Développement web

Je ne sais pas si c’est parce que l’hiver n’a jamais eu de prise cette année, ou parce que cela me rappelle le printemps, et qu’invariablement, depuis mon adolescence, je développe durant cette saisons le « blues des Iles ».

Je pense que de nombreux madelinots exilés  en ville peuvent comprendre ce sentiment, que l’idée de ne pas passer un été en campagne est insupportable.  Mais au-delà de ces considérations mondaines, c’est ma situation qui me préoccupe.

En janvier, j’ai perdu mon emploi au sein d’une compagnie que j’aimais beaucoup, comme un membre de ma famille.  À ma connaissance, et de ce que j’ai été à même de constater, ce ne sont que des circonstances malheureuses, typiques de notre milieu qui ont forcé les cofondateurs à faire des coupures de personnel draconiennes.  Je ne l’ai pas trop pris mal, habitué de ne jamais rester très longtemps au même endroit.  Non pas par choix, mais parce que la nature fuyante de mon domaine professionnel encourage ce genre de comportement; ce n’était pas la première fois, ce ne sera pas la dernière.

Mais cette fois-ci, il y a quelque chose de différent.  Parce que pour une fois, depuis 1998 où j’ai commencé à faire des sites web, j’étais bien où j’étais.  Pour une fois, j’avais la chance de mettre mes idées en pratique et d’avoir des résultats concrets.  J’avais un certain pouvoir, dans les limites de ce que l’on attendait de moi, et j’ai pu construire quelque chose à mon image, qui incarnait une décennie de réflexion sur la révolution digitale que nous traversons.

Maintenant que je suis à contrat, c’est le retour à l’insécurité.  Je reste à la maison, je n’ai pas mangé de resto depuis quoi, deux semaines?  Je recommence à faire de l’insomnie profonde et c’est le retour des angoisses nocturnes.  D’un autre côté, par contre, c’est aussi le grand retour de l’écriture, des réflexions profondes et du recul sur ma vie, sur la vie.  Un état que j’accueille avec bonheur, comme une amante qui nous a manqué et qu’on avait oublié mais dont le corps se moule à la perfection au nôtre, comme si le temps qui nous avait séparé n’avait jamais été.  Un espèce de retour à la sauvagerie des instincts et du mercenariat, du nomadisme.

Comme à l’époque où j’étais monoparental, une période sombre et difficile pour moi, mais qui a vu le meilleur de ma plume; j’ai publié mes quatre nouvelles durant ces années.

Pour être juste, je devrais nuancer: c’est vrai, ma situation n’est pas la plus simple en ce moment.  Mais en même temps, ma fille ne vit plus avec moi, est autonome et je suis complètement libre d’aller et de venir comme bon me semble.  Sans aucune attache.  Libre.

Qui peut en dire autant?