Mehdi Bouhalassa

Développement Front-End – Photographie

Jour 3: Times Square

27 juillet 2010

Toujours le même refrain: aujourd’hui, on ne fait rien! Du moins, c’est ce qu’on se disait en se rendant dans la partie la plus au sud de Brooklyn, soit le parc d’attraction de Coney Island. Donnant sur l’océan Atlantique, le parc d’attraction a su conserver un cachet des années ’50… Manèges de toutes sortes, montagnes russes, grande roue, petits magasins débordants d’affiches colorées, typographie rappelant le début du 19e siècle, « freak shows », tout y est. Pour un prix. La plage est complètement dénudée, alors s’y rendre sans parasol tient presque du suicide quand on a droit à la journée qu’on a eu: soleil pétant dans un ciel bleu à peine traversé de gros nuages blancs. Comme nous avons bien apprécié la ligne quasi-direct entre notre quartier et Coney Island, désservie par un train sur rails surélevées, nous avons décidé de sortir de cette trappe à touristes (de laquelle nous avons fait rapidement le tour) pour nous rendre à Central Park (encore une ligne directe!), plus précisément à la sortie devant le musée d’histoire naturelle de NY. Nous avons eu droit à une leçon de la légendaire complexité du métro; au lieu de s’arrêter à l’arrêt du musée, le train à continuer jusqu’à dépasser Central Park pour nous déposer en plein coeur d’Harlem! Bon… Aussi bien traverser. Mais arrivés à Central Park North, nous étions trop brûlé pour continuer à marcher et nous avons pris un autobus jusqu’au musée. L’entrée de Central Park nous a fait rapidement voir le genre de gens qui s’y promènent: des joggeurs et des cyclistes endiablés, équipés comme pour les Olympiques! Impressionnant, conjugué aux hôtels et aux bâtiments d’un luxe ostentatoire, avec des parcs sur les toîts et des moulures toutes plus belles les unes que les autres. Vraiment étourdissant… Mais ce n’est rien comparé au choc multisensoriel de Times Square… Après avoir traversé une bonne partie du parc, nous nous sommes dirigé vers la 42e rue. Arrivé près de l’entrée de Times Square, nous nous sommes arrêté pour un sandwich, histoire de laisser le soleil se coucher complètement afin de permettre aux néons de briller de tous leurs feux. Nous étions découragés: encore des québécois à côté de nous! C’est incroyable la quantité de québécois qu’on a croisé depuis trois jours! Parfois, des autobus entiers!!! Une fois notre repas terminé, nous nous somes plongé au coeur de Times Square… Aucun mot, aucune photo, aucune image, aucun film ne nous avait préparé à une telle orgie de lumière, de publicité et d’énergie. C’est tellement gigantesque, éblouissant et spectaculaire que cela dépasse l’entendement. Si ce n’était que quelques bâtisse, mais ça s’étire sur pusieurs rues! C’est littéralement en dehors de tout ce qui se fait d’humain. C’est hors du temps, de l’espace. Il faut y être pour en comprendre toute la décadence. En tournant sur la 42e rue, nous avons vu un moine bouddhiste se faire prendre en photo. Son sourire, désarmant comme seuls ce type de moine sont capables d’en faire naturellement, m’a soudainement fait réaliser l’absolue futilité de tout ça. En parlant avec Caro, nous avons réalisé que pour bien des new-yorkais, particulièrement ceux de Brooklyn, Manhattan n’avait aucun espèce d’intérêt. Y aller? Pour faire quoi? Voir des riches tourner en rond avec leur équipement de 10,000$? Aller pourrir dans Times Square? Flâner devant les hôtels en se pressant dans la foule qui attend la sortie d’une vedette dans une limousine-hummer? Non, c’est bien de le voir quelques fois, mais ce qui compte pour nous, maintenant, ce sont beaucoup plus les musées et les quelques endroits spécifiques que nous voulons voir. Bien sûr, il reste toujours le charme inhérent des bâtiments qui sont, ma foi, époustoufflant, magistraux. Mais pour le reste, on laisse ça aux autres touristes… Oui, on était bien content de revenir dans notre Stuy, de prendre une bière sur les marches de notre brownstone et de s’émerveiller de ce coin de Brooklyn, sans touristes, sans artifices, pauvre. The real deal