Chicago, jour 5
Publié le 23 décembre 2011
Catégorie(s): Voyage à Chicago
Pour voir l’album de photo du cinquième jour:
http://www.flickr.com/photos/mehdi-b/sets/72157628520315211
Hum, par où commencer… Par ma ride de taxi.
Après être retourné manger au Blue Line, ce petit bar sous une station de métro sur rails surélevées, j’ai pris quelques clichés sur mon tripode. Fatigué, je suis monté dans un taxi. À force de parler avec le chauffeur, je lui demande ses origines: il est algérien, comme mon père. Et comme mon père, il est né et a grandi à Constantine. C’est pas fou ça?! Résultat: une ride gratuite! Excellent…
Le côté du Blue Note
Des tricératops au South Dakota
Il s’est passé tellement de choses depuis trois jours, que je crois que c’est plus simple pour moi d’y aller de reculons, et donc par ma visite au Field Museum.
Lors de ma visite au Art Institute of Chicago, j’ai fait mon touriste en m’achetant une passe de ville. Ça me donnait droit entre autre à des entrées gratuites à l’institut, mais aussi au planétarium, à l’aquarium, au musée d’histoire naturelle (le Field) ainsi qu’aux deux tours, la Hancock (la noire avec les deux antennes, un peu menaçante) et la Willis, anciennement Sears. Bon, je planifiais d’aller aux deux, donc pourquoi pas profiter aussi du musée d’histoire naturelle?
Eh bien juste pour la rencontre que j’y ai fait, ça en aura valu le prix de la passe au complet ($76 pour les intéressés)! En entrant, on est accueillis par Sue, un des plus gros et plus complet squelette de Tyrannosaurus Rex jamais trouvé. Et devant Sue se tenait un monsieur qui s’est mis à me parler. J’ai pris quelques photos de touristes dont il ne savait pas manipuler la caméra (hah! une Nikon, comme la mienne!), puis on s’est mis à discuter de choses un peu plus sérieuses, testant les connaissances l’un de l’autre.
Il s’avère que cet ancien pompier à la retraîte, pas très vieux, s’adonne à la géologie (il a un diplôme) et fait du travail bénévole pour le musée. Il aurait bien voulu y avoir un poste (qu’il a obtenu), mais les récentes coupures à cause du contexte économique aux États-Unis l’en ont empêché. Qu’à cela ne tienne, il s’accroche toujours à son rêve de trouver un T-Rex, mais se contente, en attendant, de quelques Tricératops. Il adore faire du terrain, mais ce n’est pas facile, sa femme doit encore travailler 7 ans avant de prendre sa retraite et il a de la difficulté à trouver des partenaires sérieux, qui sont passionnés et ne pensent pas qu’à ne faire que de l’argent.
Je lui ai fait part de mon propre intérêt envers la paléoanthropologie (et, par le fait même, les dinosaures) et que j’adorerais l’accompagner durant mes prochaines vacances, que c’était un rêve que je caressais depuis toujours mais qu’avec ma vie, mes obligations et tout le reste, je ne savais pas par où commencer. J’ai mon travail (que j’adore), mon confort, et presque 40 ans… c’est pas à mon âge qu’on se refait. Il m’a vite répondu ce que j’aurais moi-même dit à une autre personne: il n’est jamais trop tard. Et il en est la preuve vivante.
Bref, je suis reparti avec son adresse et je devrais le contacter sous peu. Disons que mes prochaines vacances seront probablement en août, et quelque part dans le sud du Dakota. Il me l’a dit, à 40$ la nuit, c’est donné; et je suis d’accord avec lui. Ceci dit, on verra bien! Est-il sérieux? Si je me fies sur ses connaissances, on dirait bien: c’est rare que quelqu’un peut me caler quand il est quesiton de science, hormis bien sûr mes ami(e)s auteur(e)s de Science-Fiction…
Unis, les États?
Depuis mon arrivée, j’en apprends beaucoup sur la région dans laquelle je me trouve, celle des Grands Lacs, Michigan, Illinois, le Midwest. Je pense ne pas être le seul à avoir une idée floue des États-Unis, un pays de contrastes puissants, avec, d’un côté, les démocrates (New York, la Californie, Chicago, le Vermont, etc…) et les républicains (le Texas, la Floride, la Caroline, etc…). Mais il y a beaucoup plus, et les livres que je suis en train de lire (un sur la fameuse école d’architecture de Chicago et un autre sur les raisons de la guerre civile) me dotent d’un excellent trousseau de clefs pour comprendre la complexité de la culture états-unienne. Et c’est bien autre chose que ce que l’on imagine…
Chicago se retrouve bien au milieu de tout ça, avec sa taille bien humble mais ses épaules de géants. Et la douceur de l’illinois, des accents tant de la ville que de la campagne et d’ailleurs, au centre, où c’est plus nasillard et prononcé… C’est très difficile à expliquer et à partager, c’est quelque chose qui se vit, qui se sent. Mais c’est une évidence claire pour moi: Chicago, ce n’est pas New York. Ce n’est pas San Francisco. Cela peut sembler évident, mais quand on connaît, en tant que voisin, le rouleau compresseur américain, on a tendance à tout mettre sur le même pied. Ces voyages, cette année où j’aurais visité trois des plus grandes et plus belles villes des États-Unis m’aura ouvert les yeux sur une réalité que le soupçonnais mais que je ne connaissais pas. Et je ne porte pas de jugement, je ne dis pas que c’est mieux ou pire que chez nous. C’est certes plus beaux et plus pratique, et plus effrayant et inquiétant sur plusieurs aspects. Mais ce n’est pas mieux. Et ce n’est pas pire.
GO HAWKS, GO!!!
Est-ce que j’ai besoin de revenir sur la partie des Blackhawks que je suis allé voir mercredi?!? Quand même un peu…
Il faut savoir que je suis un fan des Hawks depuis que j’ai vu la partie sur glace extérieure (Classic) contre les Flyers en janvier 2009, avec mon coloc de l’époque et ami de toujours, Félix. Contrairement à mon frère Ned, qui est un fan pure-sang des Bruins de Boston, moi, je n’ai jamais trippé sur le hockey. Sauf depuis ce midi de janvier où j’ai tout compris, la force, la vitesse, la beauté, le talent de ce jeu de calibre olympique. J’ai donc commencé à suivre les exploits des Young Hawks, et je n’ai pas été déçu: ils remporteraient la Coupe Stanley quelques mois plus tard.
Depuis ce temps, donc, je disais souvent à Félix, qui aime le bon hockey, et donc aussi un peu les Hawks, « hey, imagine aller voir une partie des Hawks contre le CH! Hey man, faut le faire au moins une fois! On a des jobs correct, on pourrait se le payer, une grosse fin de semaine avec Damien et Antoine! Wow, ce serait écoeurant… ». Ce qu’il faut savoir, c’est que comme les Hawks font partie de l’association de l’ouest, Montréal ne les affronte qu’une fois par année. Et pour faire mieux, les villes alternent. Ils viennent donc une fois par deux ans à Montréal.
Vous n’imaginez donc pas mon choc, une fois que mes dates étaient réservées pour ma visite à Chicago, quand j’ai vu qu’ils affrontaient Montréal ICI, à Chicago, pendant que j’y serais! Je ne pouvais pas ne pas y aller, mais comment obtenir des billets?! Ici, c’est un peu comme à Montréal; des billets, y’en a plus deux heures après la mise en vente. Tu dois aller voir des revendeurs, et c’est comme pas vraiment légal, et en plus, c’est cher! Souvent le double du prix.
Mardi après-midi, en mal de choses à faire en attendant mon film qui ne commençait qu’à sept heures le soir, j’ai sauté dans un taxi et je lui ai demandé de me déposer devant le United Center, là où les Hawks livrent une guerre sans merci à leurs ennemis. Juste pour voir la place, les statues et si le magasin n’était pas, par hasard, ouvert. Sous la bruine déplaisante, pas âme qui vive. Je fais le tour; désert absolu. Mais arrivé au bout, en tournant, je vois un seul guichet ouvert avec deux clients. J’attends tranquillement, et je demande s’il ne reste pas un billet pour la partie de demain, contre Montréal. La dame me répond que oui, et me donne les prix. Il en reste TROIS! Dont un dans les rouges, parmis les meilleurs places, derrière le gardien… Je n’en crois pas mes oreilles!
Après mon achat, je rentre pour voir, mais on ne m’autorise pas à accéder à la patinoire. En m’en allant, un vieux monsieur apparait derrière le comptoir et me demande si je viens d’acheter des billets. Je les lui montre, et il est surpris et me dit que ce sont d’excellent billets. On parle de tout et de rien, et je lui dis que je suis de Montréal… mais un fan des Hawks. On discute pas mal, il a une grosse bague au doigt qui dit « BLACKHAWKS CHAMPIONS », probablement une bague comémorative de la Coupe de 2010.
Évidemment, ma soirée du lendemain fut mémorable, incroyable, magique… comme dans un rêve! L’équipe est un parfait miroir de la ville: humble, jeune, forte et fière. Je n’oublierais jamais ces moments, parmis les plus forts des dernières années. Et je dois tout ça à la patience, la passion et la persévérance de mon ami Félix (et Antoine aussi!). Le premier but, que j’ai capté sur vidéo, m’a soulevé de mon siège. Le son de la corne de bateau est ASSOURDISSANT et le Chelsea Dagger (la chanson thème lors d’un but) m’a fait chanter!
Le retour à Montréal…
Je ne suis pas près de rentrer, que mardi seulement, mais j’y pense quand même. Et je suis content d’avoir fait le trajet en autobus, c’était important pour moi, et ce sera important de le faire aussi au retour. Ça me donne une idée, dans mes « os », de la distance entre Montréal et Chicago. Ça m’aide à comprendre la ville, son rapport à son environnement, le lac Michigan à l’est, les plaines du Midwest à l’ouest. C’est la dernière grande ville avant L.A., avant les Rockies, les déserts et la côte ouest. Une ville de l’est, avec un centre-ville de l’est, mais avec l’esprit de l’ouest, les longues, vastes rues et boulevards qui se perdent dans l’infini, sans les appalaches pour déchirer la vue, sans montagnes.